|     | Recherche avancée
  • Imprimer
  • Partager

Château d’Anvaing


Le village d’Anvaing est situé dans la province du Hainaut, à mi-chemin entre Leuze et Renaix, à une vingtaine de kilomètres à l’Est de Tournai, en bordure du parc naturel du Pays des Collines. Le château, entouré de drèves majestueuses, se dresse à environ 1 kilomètre du village.

Seigneurs d’Anvaing et propriétaires du château

Chateau d'anvaingLa lignée qui, à partir du 12ème siècle, portait le nom d’Anvaing était une branche de la puissante maison de la Hamaide. À la fin du 14ème siècle, la lignée des la Hamaide d’Anvaing s’éteignit et la famille Ville d’Estrepy devint seigneur d’Anvaing. Après deux générations, la lignée Ville d’Estrépy s’éteignit à son tour. Adrienne de Ville épousa vers 1513 Pierre de Boubais (+1532) capitaine d’une compagnie d’archers de l’empereur Charles-Quint. C’est leur fils Jacques I de Boubais, membre de l’État noble de Hainaut, châtelain de Leuze de 1544 à 1560, qui éleva le château d’Anvaing, dans le voisinage de la demeure de ses ancêtres.

Nous avons une indication précise sur l’époque de la construction grâce à un maçon qui eut l’heureuse idée d’inscrire l’année d’achèvement du bâtiment (1561) en briques recuites bleues, dans les dernières assises de maçonnerie, sous la corniche d’une des tours, du côté nord-ouest.

Le petit-fils de Jacques I de Boubais, Jacques II n’eut pas d’enfants. C’est son neveu, Maximilien de Tenremonde qui fut son héritier. N’ayant pas de fils à son tour, sa fille Marie-Catherine hérita d’Anvaing. Elle épousa en 1680 Jean de Mesgrigny, gouverneur de la citadelle de Tournai et directeur général des fortifications de Flandre et de Hainaut pour le roi de France, Louis XIV. Célèbre ingénieur militaire, il reconstruisit la citadelle de Tournai selon les principes de Vauban.

Madame de Mesgrigny n’ayant pas d’enfant, laissa ses terres d’Anvaing à son neveu le baron de Rouveroit de Pamele qui en devint l’héritier en 1721. À sa mort, son fils vivant le plus souvent à Namur et dans son château de Lavaux-Saint-Anne, se désintéressa de sa terre d’Anvaing, qu’il hypothéqua à plusieurs reprises. Aussi n’est-il pas étonnant que sa fille, Marie-Amour-Désirée, héritière d’Anvaing et mariée au prince François-Joseph-Rasse de Gavre, fut amenée à vendre le domaine en 1781 au Comte Augustin de Lannoy, qui fut le dernier seigneur d’Anvaing.

C’est son fils, le comte François de Lannoy, qui le premier s’installa à Anvaing, en 1797. Le comte Gustave de Lannoy, son fils aîné, qui avait occupé de nombreuses années le poste de grand maître de la maison du Duc et de la Duchesse de Brabant et ensuite de la maison de la Reine Marie-Henriette, se retira dans ses terres au déclin de sa vie. La terre d’Anvaing resta dans sa descendance. S’y succédèrent le comte Charles de Lannoy, le Comte Philippe de Lannoy, Grand-Maréchal de la Cour; le Comte Paul de Lannoy et actuellement le comte Philippe de Lannoy.

Architecture et Parc

Chateau d'anvaingÀ l’origine et jusqu’au début du 19ème siècle, le château ne comportait, aux 2 façades principales, que 2 niveaux; le rez-de-chaussée et 1 étage, surmonté d’une double toiture en bâtière. A chacune des deux façades latérales, cette double toiture aboutissait à un double pignon à gradins traditionnel rejoignant les deux tours.

En 1819, furent entrepris de grands travaux qui devaient modifier sensiblement les étages supérieurs. Le Comte François de Lannoy, exhaussa d’un étage la maçonnerie des deux longues façades. La charpente ne fut pas modifiée, ni par conséquent, la pente du toit. Un pignon à gradins décore la façade avant. C’est à cette période probablement que le château fut badigeonné à la chaux pour masquer les raccords de maçonnerie. Il le resta jusqu’en 1895, époque où il fut décapé pour reprendre son aspect primitif en matériaux apparents tel que nous le montre la gouache de l’album de Croÿ datant de 1600.

Quant aux quatre tours d’angle, elles ont conservé l’aspect qu’elles avaient au 16ème siècle; elles ont toujours comporté trois niveaux; elles sont coiffées d’une toiture passant du plan carré au plan octogonal et surmontées d’une flèche en ferronnerie.

L’avant-cour, quadrilatère de vastes proportions, est bordée à gauche et à droite par des bâtiments de dépendance, dont la plus grande partie fut élevée, probablement par Jacques II de Boubais, dans la première moitié du 17ème siècle.

Le château a toujours été entouré d’eau. Il fut construit dans les prés marécageux de la vallée de la Rosne, dont les eaux alimentaient, à l’origine, ses douves. La construction est assise sur un pilotis formé de troncs entiers de hêtres.

Au 17ème siècle, Jacques II de Boubais et son neveu Maximilien de Tenremonde traçèrent les drèves, mettant le château au centre d’une vaste étoile formée d’avenues rectilignes plantées de deux ou de quatre rangées d’arbres. Monsieur de Mesgrigny, qui vécut à Anvaing de 1680 à 1720, agrémenta la propriété en aménageant le parc selon un plan régulier et créant des perspectives selon le goût français. C’est probablement lui qui rectifia et canalisa le cours de la Rosne et aménagea l’étang. Sous l’influence du romantisme en vogue au début du 19ème siècle, le comte François de Lannoy traita son parc à l’anglaise, et y introduisit les essences les plus variées. Une glacière fut creusée dans l’étang formant une île. Au début du 20ème siècle, son arrière-petit-fils, le comte Philippe de Lannoy restaura des jardins classiques. Ce dernier entreprit de nombreux travaux de décoration du château, et d’aménagement du cadre qui l’entoure.

Capitulation 28 mai 1940

Le 10 mai 1940, la Belgique fut envahie par l’armée allemande. Suivant l’avancée des troupes, l’État Major général de la VIème armée se fixa dans le château d’Anvaing. Après 18 jours de combats, l’armée belge fut contrainte de capituler. Hitler exigea un cessez-le-feu sans condition; il eut lieu le 28 mai, à 4 heures du matin. Dans la matinée du 28 mai, le général Desrousseaux, sous-chef d’État major général de l’armée belge, fut reçu au château d’Anvaing par les généraux von Reichenau et von Paulus. C’est sur la table de la salle à manger que fut signé le protocole de reddition de l’armée belge.