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Discours de Noël de S.A.R. le Grand-Duc (version FR)
24-12-2011


Chers concitoyens,

C’est une bonne tradition qui veut que, la veille de Noël, on prenne le temps de jeter un regard rétrospectif sur les douze mois qui viennent de s’écouler. Quels sont les événements que nous avons vécus?  Qu’en avons-nous retenu de positif?  Que voulons-nous changer éventuellement l’année prochaine?

Rarement une année aura été autant caractérisée par quelques événements exceptionnels qui ont marqué l’actualité de leur empreinte.  Je pense en premier lieu à l’inquiétante crise de la dette au sein de la zone euro, qui a également des répercussions sur le Luxembourg.  Je suis convaincu que notre pays fait tout pour surmonter la crise – et en conjuguant nos efforts, nous y arriverons certainement.  Je pense également aux changements politiques historiques dans le monde arabe, à la terrible famine en Afrique de l’Est et au terrifiant tremblement de terre au Japon.

Lorsque, le 11 mars, la terre a tremblé au Japon et qu’un tsunami a inondé les régions côtières, le monde a retenu son souffle.  Or, cet événement n’allait pas se limiter à une tragique catastrophe naturelle.  En effet, la centrale nucléaire de Fukushima, devenue incontrôlable, a contaminé une région entière.  Des centaines de milliers de personnes ont perdu leur foyer. En cette veille de Noël, nos pensées vont au peuple japonais ainsi qu’à toutes les autres victimes de catastrophes et de guerres.  Bien sûr, nous pensons également aux familles qui, chez nous, étaient ou sont dans la détresse ou le besoin.

Comme je viens de le dire, la catastrophe nucléaire japonaise a sensibilisé beaucoup de gens dans le monde entier.  Dans un grand nombre de pays, on s’interroge à nouveau avec insistance sur la sécurité des réacteurs nucléaires, l’approvisionnement en énergie de demain et la protection de la nature.  Il est impossible de ne pas entendre les voix qui s’élèvent en faveur d’une politique énergétique nouvelle, plus écologique.

Tant dans le domaine de la protection de la nature et de l’environnement que dans celui de l’approvisionnement en énergie et du comportement des consommateurs, nous devons être conscients des conséquences de nos propres actes.  Dans ce contexte, consommer de manière responsable est une condition impérative.  Nous savons aujourd’hui que statistiquement, une seule terre ne suffirait pas si sept milliards d’humains adoptaient notre mode de vie.  Nous sommes là confrontés à un sérieux problème de ressources et d’émissions.   Par conséquent, nous devons réfléchir à un certain nombre de questions: comment et dans quelle mesure pouvons-nous maintenir notre prospérité sans vivre aux dépens d’autrui?  Comment pouvons-nous freiner notre faim énergétique?  Personne ne peut se soustraire à sa responsabilité en disant: "Cela ne me regarde pas"!  Et nous avons une responsabilité d’autant plus grande que nous vivons dans un pays, où, même en des temps plus difficiles, beaucoup de gens connaissent heureusement une certaine aisance, responsabilité qui, dépassant de loin les frontières de notre territoire, concerne également notre politique de développement.  Tout cela souligne la nécessité de mesures profondes et d’un réel changement de conscience pour garantir la protection de l’environnement et de la nature sans pour autant verser dans l’idéologie.

Pour cette raison, je lance un appel à la société et à tout un chacun: n’hésitons pas à nous fixer des objectifs ambitieux quand il s’agit de préserver la création!  Faites bouger les choses et les gens pour qu’ils œuvrent ensemble pour la construction d’un Luxembourg écologiquement responsable et solidaire, en n’oubliant pas que les gens et les familles moins aisés devront eux aussi être en mesure de se payer l’eau et l’énergie dont ils auront besoin demain.

Dans ce contexte, je tiens à saluer expressément toutes les mesures publiques et privées prises ces dernières années pour préserver l’environnement, protéger la nature et promouvoir les énergies alternatives.  En plus, je tiens à féliciter chacun qui apporte sa contribution en réduisant sa consommation d’énergie et d’autres ressources non renouvelables.

Mes visites de réserves naturelles, mes entretiens avec des producteurs d’électricité verte et mes promenades ne cessent de me rappeler tant la fragilité de la nature que l’important potentiel qu’elle renferme.  Mes parents et grands-parents m’ont fait découvrir la joie que procure l’expérience de la nature, joie que la Grande-Duchesse et moi-même avons, à l’instar de nombreux parents, transmis également à nos enfants.  À mon avis, il est extrêmement important que les jeunes générations comprennent dès leur plus jeune âge l’importance de pouvoir grandir dans un environnement sain.  Peu à peu, ils comprendront également que la protection de la nature et de l’environnement est liée aux questions du développement durable et de la paix, de la pauvreté et de la richesse, des droits de l’homme et des conditions de travail dans les pays producteurs des ressources que nous consommons.

Chers concitoyens,

Dans son ouvrage le plus récent, le diplomate et politologue français Stéphane Hessel, que par ailleurs j’ai eu l’occasion de rencontrer, plaide pour un "développement soutenable".  Il prend l’exemple du bon jardinier qui exploite les fruits de la terre d’une manière intelligente, afin que les plantes puissent se développer et se renouveler.  "Un des défis les plus importants, c’est la Terre", écrit Hessel.  La protection de la nature et de la terre ne s’arrête pas à nos frontières, elle nous concerne tous, nous qui vivons ou travaillons au Luxembourg.  Je vous encourage donc à vous investir dans ce domaine, ici au Grand-Duché tout comme dans vos pays d’origine.

Chers concitoyens,

Nous pouvons nous estimer heureux de vivre dans un pays qui, en de nombreux endroits, reste marqué par la beauté de ses paysages.  Ce n’est pas un hasard si, pendant une brève période de son histoire, notre pays faisait partie du département des Forêts.  En cette fin de l’Année internationale des forêts, nous devrions être conscients de ce que c’est que de vivre dans un pays riche en forêts et en ruisseaux, disposant de parcs naturels, bénéficiant d’un climat modéré et offrant une bonne qualité de l’air et de l’eau.  C’est là un patrimoine extrêmement précieux qu’il faut préserver, pour nous-mêmes comme pour la société et tous ceux qui viendront après nous.  Pour cette raison, faisons de la protection de la nature et de l’environnement une priorité personnelle.

Chers concitoyens,

En cette veille de Noël, je vous souhaite à vous tous, avec la Grande-Duchesse, mon père, le Grand-Duc Jean, et nos enfants, une bonne fête de Noël et une heureuse année 2012.