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Discours de Noël de S.A.R. le Grand-Duc (version FR)
24-12-2009


Chers Luxembourgeois, chers concitoyens,

En cette veille de Noël, nous nous rendons compte qu'une fois de plus, une année touche à sa fin. Pour beaucoup de nos concitoyens, 2009 n'était pas une année facile.

Lorsqu'il y a un an, le système financier international s'est mis à vaciller, on pouvait s'attendre au pire pour l'économie. Cette peur était fondée.

Une crise d'envergure mondiale a éclaté et notre pays n'a pas non plus été épargné.

Le chômage a augmenté et beaucoup craignent de perdre leur emploi. De nombreuses entreprises fonctionnent en dessous de leurs capacités et les finances publiques sont sous pression.

Beaucoup a été dit et écrit sur cette crise. Cependant, on a moins réfléchi sur ses causes. Or, ne devrions-nous pas nous poser à nous-mêmes les bonnes questions ? Ne se pourrait-il pas que notre société ait été aveuglée par l'appât du gain rapide ? N'avons-nous pas fini par croire en une croissance infinie ? Au fond, avons-nous vraiment pensé à l'avenir ?

A présent, nous sommes tous placés devant notre responsabilité. A l'étranger, on a souvent envié notre modèle social. Nous avons en effet tout lieu d'en être fiers. D'ailleurs, il ne sera pas remis en question. Cependant, pour le préserver, il faut que nous soyons prêts à nous rapprocher encore plus les uns des autres et à retrouver le chemin d'une solidarité plus forte dans nos relations mutuelles.

En plus, nous devons être prêts à renforcer notre modèle économique afin de pouvoir développer notre compétitivité, ce qui ne peut se faire sans renforcer en même temps notre capacité de consensus.

C'est là le seul moyen d'assurer la pérennité de notre modèle social, qui reste la caractéristique emblématique de notre pays.

La déclaration gouvernementale de juillet dernier parle d'une société inclusive et participative. C'est là un élément qui contribuera certainement à renforcer la cohésion dans notre pays.

Cependant, cette solidarité ne doit pas se limiter au niveau national. Il faut que nous l'apportions aussi aux autres pays.

Notre planète est une. Elle est indivisible. Nous sommes tous logés à la même enseigne, nous partageons le même sort.

La conférence de Copenhague a mis en évidence la situation de l'environnement. L'envergure des réactions qu'elle a suscitées nous appelle à relever avec plus d'engagement les défis vitaux qui en découlent. Cependant, bien qu'il reste un long chemin à parcourir, il y a suffisamment de raisons de rester confiants. Dans la mesure où de plus en plus de gens sont conscients de la problématique, il sera plus aisé de trouver les bonnes solutions, y compris pour le Luxembourg.

Chers concitoyens,

Beaucoup de gens se préoccupent de leur avenir et de ce que l'année prochaine leur apportera. En fait, personne ne le sait.

En temps d'insécurité et d'inquiétude, il faut avant tout garder la tête froide.

Du reste, l'évolution de l'économie mondiale a, d'ores et déjà, donné également lieu à des nouvelles plus positives.

Au fond, l'immense chemin que notre pays a parcouru au cours de son histoire, le courage dont nous avons fait preuve en traversant des périodes extrêmement difficiles et douloureuses sont la preuve de notre capacité à faire preuve de solidarité et à surmonter les crises.

Pour moi, la leçon de ces expériences autorise les plus grands espoirs. C'est là pour moi une raison de plus de rester optimiste malgré un climat plus morose.

Chers Luxembourgeois, chers concitoyens,

Cette année a vu les festivités du 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin. Le 9 novembre 1989, l'Europe a ouvert de nouvelles voies. En plus, cette date est celle qui a vu devenir possible l'impossible. Il s'agit là d'un symbole fort qui, au fond, devrait nous amener à envisager l'avenir avec optimisme.

En considérant rétrospectivement cette année-là, j'ai l'impression que Václav Havel n'avait pas tort, il y a un certain temps, d'écrire ceci :

« Il me semble que la chose la plus importante aujourd'hui serait d'adopter une attitude humble à l'égard du monde, de respecter ce qui nous dépasse, de tenir compte du fait qu'il existe des mystères que nous ne comprendrons jamais et qu'il faut assumer notre responsabilité sans la fonder sur la conviction que nous savons tout, en particulier comment tout va finir. Nous ne savons rien. Mais l'espoir, nul ne peut l'ôter. »

Chers concitoyens, Chers amis étrangers,

Nous savons quelle est votre part dans l'édification de notre prospérité commune. Nous avons la ferme volonté, avec tous ceux qui résident ou qui travaillent sur notre territoire, de prendre les mesures nécessaires afin de retrouver ensemble le chemin de la réussite. Nos difficultés actuelles ne nous feront pas dévier de notre tradition : le Luxembourg restera ouvert aux autres, accueillant et tolérant.

Chers Luxembourgeois, chers concitoyens,

En cette veille de Noël, je tiens tout d'abord à exprimer, avec la Grande-Duchesse, notre profonde reconnaissance à tous ceux qui n'ont pas la possibilité de passer ces fêtes en famille :

  • à nos soldats en mission à l'étranger, qui, par leur engagement, se mettent au service de la paix et contribuent au bon renom du pays ;
  • aux femmes et aux hommes qui travaillent en ces moments, que ce soit à titre professionnel ou bénévole ;

Nous apprécions leur engagement au service du pays et de l'intérêt général. En nous rappelant, à nous tous, ce que c'est que de servir autrui, ils nous donnent un bel exemple de solidarité vécue. Ils méritent la reconnaissance de nous tous.

Je pense également à tous ceux qui, en ce moment, traversent des épreuves, à ceux qui sont malades ou en deuil. Je leur souhaite la force nécessaire pour surmonter ces situations.

Que les fêtes de Noël soient pour nous l'occasion de penser à autrui. Nous avons aussi le temps de nous occuper de choses essentielles.

J'espère que ces fêtes vous permettront de préparer l'année prochaine avec courage et confiance, et, avec mon épouse, mon père et nos enfants, je vous souhaite à tous un joyeux Noël et vous présente mes meilleurs vœux pour la nouvelle année.